APPEL À COMMUNICATIONS: 3ᵉ Symposium national sur la localisation de l’action humanitaire en République Démocratique du Congo

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Kinshasa, 27–29 octobre 2026

Thème : « Transformer le système humanitaire à partir des évidences locales »

1. Contexte

Depuis 2023, la République Démocratique du Congo a engagé un processus progressif de réflexion et d’action autour de la localisation de l’action humanitaire.

Les précédents Symposiums ont permis de contextualiser la localisation en RDC, de définir ses principaux piliers, de développer des mécanismes et outils nationaux et de renforcer le dialogue entre organisations nationales, ONG internationales, agences des Nations Unies, bailleurs, pouvoirs publics et communautés.

Le 3ᵉ Symposium national sur la localisation de l’action humanitaire, organisé à Kinshasa du 27 au 29 octobre 2026, veut franchir une nouvelle étape.

Il ne s’agit plus seulement de discuter de la pertinence de la localisation, mais de partir des évidences produites par les expériences de terrain pour identifier ce qui fonctionne, comprendre ce qui continue de bloquer et proposer les transformations nécessaires.

La logique du Symposium est :

ÉVIDENCES → DIAGNOSTIC → RÉFORMES → ENGAGEMENTS → AGENDA 2030 → SUIVI

Dans cette perspective, le CONAFOHD lance un appel à communications destiné à identifier et valoriser les expériences, recherches, analyses, innovations et évidences susceptibles d’alimenter les travaux du Symposium.

2. Quel type de communications recherchons-nous ?

Le Symposium recherche prioritairement des communications qui ne se limitent pas à décrire une activité ou un projet.

Une communication attendue doit partir d’une expérience, d’une recherche, d’une pratique ou de données permettant de répondre à une question centrale :

Qu’est-ce que cette évidence nous apprend sur le fonctionnement actuel du système humanitaire et qu’est-ce qu’elle nous invite à changer ?

Les propositions devront idéalement présenter :

Un problème ou une question clairement identifiée(e) → des évidences ou données → une analyse → les enseignements tirés → une solution ou innovation éventuelle → une proposition de changement ou de réforme.

Les expériences qui n’ont pas produit les résultats attendus sont également encouragées lorsqu’elles permettent d’identifier des enseignements importants.

3. Axes thématiques des communications

Les propositions pourront notamment s’inscrire dans les axes suivants.

Axe 1 : Financement direct et financement de qualité

Les communications pourront documenter l’accès des acteurs nationaux aux financements, les mécanismes de financement direct ou indirect, la qualité et la durée des financements, la flexibilité, les coûts indirects, les coûts de structure, les mécanismes de financement en cascade, les fonds communs, les délais d’accès aux ressources ou encore les conséquences de ces modèles sur la capacité institutionnelle des organisations nationales.

Une attention particulière sera accordée aux propositions montrant comment les mécanismes de financement pourraient être transformés.

Axe 2 : Partenariats équitables et partage des risques

Cet axe accueillera des expériences et analyses sur les relations entre ONGN, ONGI, agences des Nations Unies et bailleurs : conception conjointe des interventions, négociation budgétaire, partage des coûts, gestion des risques, diligence raisonnable, conformité, transparence, redevabilité et partage du pouvoir.

Les communications pourront également présenter des modèles innovants de partenariat ayant permis de dépasser une relation de sous-traitance.

Axe 3 : Leadership local, coordination et partage du pouvoir

Comment les acteurs nationaux participent-ils réellement aux espaces où sont prises les décisions ?

Les contributions pourront examiner la représentation et l’influence des acteurs locaux dans les clusters, groupes de travail, mécanismes de coordination, fonds humanitaires, organes consultatifs et autres espaces stratégiques.

L’enjeu est de distinguer la présence dans une salle de la capacité réelle à influencer une décision.

Axe 4 :  Capacités institutionnelles et transformation des organisations locales

Les communications pourront analyser les modèles de renforcement des capacités, leurs résultats et leurs limites.

Une attention particulière sera accordée aux expériences concernant la gouvernance, les systèmes financiers, les ressources humaines, la digitalisation, la conformité, la mobilisation de ressources, les réserves institutionnelles, la rétention des compétences, la mutualisation des capacités et les mécanismes permettant aux organisations nationales de devenir des institutions fortes, autonomes et durables.

Axe 5 : Évidences locales, données, innovation et apprentissage

Comment les acteurs locaux produisent-ils leurs propres connaissances ?

Cet axe recherche des contributions sur la collecte et l’analyse des données, la recherche menée localement, les systèmes d’information, les innovations technologiques ou méthodologiques, les mécanismes d’apprentissage et l’utilisation des évidences locales dans la prise de décision.

Les communications démontrant comment une connaissance produite localement a modifié une stratégie ou une décision humanitaire seront particulièrement recherchées.

Axe 6 :  Engagement communautaire, redevabilité et pouvoir des populations affectées

La localisation ne peut pas s’arrêter au transfert du pouvoir des acteurs internationaux vers les organisations nationales.

Elle doit également interroger la place des communautés elles-mêmes dans le système humanitaire.

Les communications pourront documenter les mécanismes de participation communautaire, la redevabilité, la gestion des perceptions, les approches de réponse menées par les communautés, les mécanismes de feedback et les situations où les communautés ont effectivement influencé la conception ou la modification d’une intervention.

Axe 7 : Localisation dans les crises : expériences et innovations de terrain

Cet axe permettra de présenter des évidences issues de réponses concrètes aux conflits, déplacements, épidémies, catastrophes, crises alimentaires, violences basées sur le genre et autres urgences.

Les contributions devront cependant aller au-delà de la présentation d’un projet et montrer ce que l’expérience révèle sur la valeur ajoutée, les limites ou les conditions de réussite du leadership local dans une réponse d’urgence.

Axe 8 : Réformer l’architecture humanitaire et préparer l’horizon 2030

Cet axe accueillera des contributions plus prospectives.

Quels mécanismes doivent évoluer ? Quel devrait être demain le rôle respectif du Gouvernement, des communautés, des ONGN, des ONGI, des agences des Nations Unies et des bailleurs ? Quels financements ? Quelle coordination ? Quel partage du pouvoir ?

Ces contributions pourront directement alimenter le Pacte des réformes prioritaires et l’Agenda Congolais de la Localisation à l’horizon 2030.

4. Qui peut soumettre une communication ?

L’appel est ouvert aux ONG nationales et internationales, organisations communautaires, réseaux et plateformes d’ONG, agences des Nations Unies, institutions publiques, bailleurs, universités, centres de recherche, chercheurs, praticiens humanitaires, organisations de femmes et de jeunes, secteur privé ainsi qu’aux représentants des communautés affectées.

Les propositions provenant des provinces et directement fondées sur des expériences de terrain sont particulièrement encouragées.

Les communications conjointes ONGN–ONGI, chercheurs–praticiens, organisations–communautés ou autres partenariats multi-acteurs sont également encouragées lorsqu’elles permettent de confronter plusieurs perspectives.

5. Format de soumission

Les candidats sont invités à transmettre une note de communication de 500 à 800 mots maximum, comprenant :

Lorsque cela est possible, les données, études, rapports, photographies, vidéos, outils ou autres éléments soutenant les évidences présentées pourront être joints à la proposition.

6. Critères de sélection

Les communications seront notamment sélectionnées selon la pertinence par rapport au thème du Symposium, la qualité des évidences présentées, l’ancrage dans une expérience réelle, l’originalité de l’analyse, la capacité à tirer des enseignements dépassant un projet particulier, la pertinence des solutions proposées et le potentiel de contribution aux réformes du système humanitaire.

La diversité géographique, institutionnelle et thématique sera également recherchée.

Une priorité sera donnée aux communications capables de répondre à cette séquence :

QU’AVONS-NOUS OBSERVÉ ? → QU’AVONS-NOUS APPRIS ? → QU’EST-CE QUI DOIT CHANGER ?

7. Valorisation des communications sélectionnées

Selon leur nature et leur qualité, les contributions retenues pourront être valorisées sous différentes formes : présentation orale au Symposium, participation à un panel ou atelier, poster ou exposition dans la Galerie des Évidences Locales, étude de cas, capsule vidéo ou intégration dans le Recueil national des évidences et innovations locales.

Toutes les communications sélectionnées ne feront donc pas nécessairement l’objet d’une présentation en plénière. Cette diversité permettra de valoriser un nombre plus important d’évidences tout en conservant un programme dynamique.

8. Calendrier proposé

Compte tenu du Symposium du 27au 29 octobre 2026, je recommande un calendrier assez serré :

Lancement de l’appel : 7 septembre 2026
Date limite de soumission : 27 septembre 2026
Sélection et notification : 5 octobre 2026
Transmission des communications finales : 15 octobre 2026
Symposium : 27–29 octobre 2026

Les propositions seront transmises à : symposium@conafohd.org

 Avec comme objet : « Appel à communications, 3ᵉ Symposium Localisation RDC 2026 »

Message final

Les évidences existent dans nos communautés, nos organisations et nos expériences de terrain. Le défi est désormais de les rendre visibles, de les confronter et surtout de les transformer en décisions.

Le 3ᵉ Symposium invite celles et ceux qui disposent d’une expérience, d’une donnée, d’une innovation ou d’un enseignement capable de questionner les pratiques actuelles à contribuer à la construction du système humanitaire de demain.

Nous ne recherchons pas seulement ce qui fonctionne. Nous voulons comprendre pourquoi cela fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, et surtout : qu’est-ce que cela nous oblige à changer ?