Le CONAFOHD RDC, représenté par le Dr De-Joseph KAKISINGI MIBI, rejoint la co-présidence du Groupe de Travail sur la Localisation de The VOICE, une plateforme réunissant de grandes ONG européennes partenaires d’ECHO. Une reconnaissance qui ouvre une nouvelle séquence pour l’expertise congolaise dans les débats internationaux sur la transformation du système humanitaire.
Kinshasa, 30 septembre 2026.
C’est une nouvelle qui dépasse les frontières de la République démocratique du Congo. Le Conseil National des Fora des ONG Humanitaires et de Développement de la RDC « CONAFOHD RDC » vient d’être désigné co-président du Groupe de Travail sur la Localisation de The VOICE, représenté par son Coordonnateur National, Dr De-Joseph KAKISINGI MIBI.
La particularité de cette désignation tient notamment au profil de l’organisation appelée à assumer cette responsabilité : CONAFOHD RDC est une plateforme congolaise, et non une organisation européenne.
Dans un espace principalement composé d’organisations européennes engagées dans le dialogue avec les institutions et les acteurs humanitaires internationaux, cette présence congolaise à la co-présidence constitue une reconnaissance de l’expertise et de la crédibilité développées par les acteurs nationaux et locaux de la RDC sur les questions de localisation.
Quand l’expertise locale franchit les frontières
Depuis plusieurs années, la localisation de l’aide s’impose comme l’un des grands sujets de transformation du système humanitaire international.
Derrière ce terme se trouve une question devenue centrale : qui décide, qui finance, qui définit les priorités et qui porte la réponse lorsque survient une crise ?
Dans de nombreux contextes, les organisations nationales et locales sont les premières à intervenir auprès des populations affectées. Elles disposent d’une connaissance fine des réalités locales, des dynamiques communautaires et des contraintes du terrain. Pourtant, leur participation aux mécanismes de décision et leur accès aux financements restent au cœur des débats internationaux.
C’est précisément dans cet espace que l’expérience de la RDC prend une dimension particulière.
Pays confronté depuis plusieurs décennies à des crises humanitaires complexes, la RDC dispose également d’un tissu important d’organisations nationales et locales qui interviennent dans les domaines humanitaires, du développement et de la consolidation de la paix.
À travers la structuration des fora d’ONG et les initiatives consacrées à la localisation, CONAFOHD RDC a progressivement contribué à organiser et porter cette expertise collective.
Sa désignation au sein de The VOICE traduit donc une évolution importante : l’acteur local n’est plus seulement invité à participer aux discussions sur la localisation ; il est appelé à contribuer directement à leur orientation.
Une responsabilité qui va au-delà d’un titre
Pour CONAFOHD RDC, cette nouvelle responsabilité ne se résume pas à une reconnaissance institutionnelle.
Elle intervient à un moment où les acteurs humanitaires cherchent à transformer les principes de localisation en changements concrets dans les pratiques.
La question est désormais de savoir comment passer des engagements aux résultats : davantage de participation locale, des partenariats plus équilibrés, une meilleure reconnaissance des capacités nationales et un accès plus équitable aux ressources.
Dans ce contexte, la co-présidence confiée à CONAFOHD RDC peut constituer un espace pour faire entendre les expériences et préoccupations des organisations nationales dans les discussions internationales.
L’enjeu sera notamment de faire remonter les réalités du terrain dans les espaces où sont définies les politiques et les pratiques de l’aide.
La RDC ne veut plus seulement être un terrain d’intervention
Cette nouvelle étape porte également un message plus large.
La RDC est souvent présentée dans les espaces internationaux comme l’un des principaux contextes de crise humanitaire au monde. Mais derrière les statistiques et les programmes se trouvent des acteurs congolais qui connaissent les réalités du terrain, interviennent auprès des communautés et développent depuis des années des compétences dans la gestion des crises.
La participation du CONAFOHD RDC à la co-présidence du Groupe de Travail sur la Localisation de The VOICE contribue à déplacer le regard.
La RDC n’est pas seulement un espace où les politiques humanitaires sont appliquées. Elle peut également contribuer à leur conception.
Cette évolution ouvre notamment des perspectives autour de plusieurs enjeux : le financement direct des organisations nationales, la qualité des partenariats entre ONG locales et internationales, la participation aux décisions, le renforcement institutionnel, la redevabilité, la représentation des organisations de femmes et de jeunes ainsi que la reconnaissance des capacités locales.
Une opportunité pour les organisations congolaises
Pour les ONG nationales et locales de la RDC, cette désignation peut également être considérée comme une opportunité collective.
La crédibilité acquise par une plateforme nationale dans un espace international ne prend tout son sens que si elle permet de mieux porter les préoccupations de l’ensemble du secteur.
Le défi sera donc de transformer cette nouvelle position en espace de dialogue, de partage d’expériences et de construction de propositions.
Les réalités de Goma, Bukavu, Bunia, Kinshasa et d’autres zones affectées par les crises peuvent ainsi alimenter les discussions internationales sur la manière dont le système humanitaire devrait évoluer.
La localisation ne serait alors plus uniquement un sujet discuté au niveau international pour être ensuite décliné au niveau national. Elle pourrait devenir un processus dans lequel les expériences nationales contribuent directement à façonner les orientations internationales.
Un signal pour l’Afrique ?
La portée de cette désignation pourrait également dépasser le seul cadre de la RDC.
Les débats sur la localisation concernent de nombreux pays africains confrontés à des crises humanitaires et à des défis de financement, de gouvernance et de partenariat.
L’expérience congolaise pourrait ainsi contribuer à une réflexion plus large sur la place des organisations nationales africaines dans le système humanitaire international.
La présence du CONAFOHD RDC dans cet espace peut ouvrir des passerelles avec d’autres plateformes nationales et régionales qui travaillent sur les mêmes enjeux. La question n’est donc plus seulement de savoir comment localiser l’aide, mais aussi comment permettre aux acteurs locaux de participer à la définition des règles du système qui les concerne.
Une nouvelle mission pour CONAFOHD RDC
Pour le CONAFOHD RDC, cette reconnaissance internationale intervient comme une nouvelle étape dans son parcours.
Elle implique une responsabilité supplémentaire : celle de représenter, dans un espace international, une expérience nationale et les aspirations d’un large éventail d’organisations congolaises.
Elle appelle également à davantage de rigueur dans la documentation des expériences, la production de données, la capitalisation des pratiques et la formulation de propositions.
Car une présence internationale durable ne repose pas uniquement sur la visibilité. Elle repose sur la capacité à produire des analyses crédibles, porter des propositions construites et maintenir un dialogue ouvert avec l’ensemble des parties prenantes.
De Kinshasa à l’espace international
La désignation du CONAFOHD RDC à la co-présidence du Groupe de Travail sur la Localisation de The VOICE marque ainsi un moment symbolique pour le secteur associatif congolais. Elle rappelle surtout que l’expertise ne se mesure pas uniquement à l’endroit où se trouve le siège d’une organisation.
Elle peut également se construire sur le terrain, dans les crises, au contact des communautés et dans l’expérience accumulée par les acteurs nationaux et locaux.
Pour le CONAFOHD RDC, l’heure est désormais à la responsabilité.
De Kinshasa à Goma, de la RDC aux espaces internationaux, une nouvelle mission se dessine : faire de l’expérience congolaise une contribution au débat mondial sur l’avenir de l’action humanitaire et sur la place que doivent occuper celles et ceux qui sont au plus près des communautés affectées.
Cette co-présidence pourrait ainsi constituer bien davantage qu’une nouvelle fonction institutionnelle : elle ouvre un espace pour que l’expérience congolaise participe directement à la conversation mondiale sur la transformation du système humanitaire.
CONAFOHD RDC , une expertise nationale, une responsabilité internationale.



