22 décembre 2025 – Kansega, province de Bujumbura (Burundi)
Face à l’intensification du conflit armé dans l’Est de la République Démocratique du Congo, des dizaines de milliers de Congolais ont été contraints de fuir leur pays pour chercher refuge au Burundi. Une mission conjointe du consortium CONEPLUS-GL s’est rendue sur le site de transit de Kansega afin d’évaluer la situation humanitaire et d’identifier les besoins urgents des populations déplacées.La mission a réuni des représentants de l’ONG SAD RDC, notamment le Dr Joseph Kakisingi et Lucky Mutendela, ainsi que des membres de My Way Africa (MWA), à savoir Espérance Murerwa, Sébastien Birori et Richard Dusabe. Le constat est sans appel : la situation est critique et nécessite une réponse immédiate.
Un site inadapté à une crise d’ampleur
Situé dans la zone de Ndava, commune de Bukinanyana, le site de Kansega accueille environ 70 000 réfugiés. Initialement un champ de riz, ce site ne dispose d’aucune infrastructure adaptée pour accueillir une population aussi importante. Cette absence de préparation aggrave considérablement les conditions de vie déjà précaires des réfugiés.
Femmes et enfants, particulièrement vulnérables, sont les premières victimes de cette crise. Les abris sont largement insuffisants et souvent en mauvais état, exposant les familles aux intempéries, notamment en cette saison de pluies intenses.
Insécurité alimentaire et risques sanitaires majeurs
L’un des défis les plus préoccupants reste l’absence d’assistance alimentaire structurée. De nombreux ménages sont confrontés à une insécurité alimentaire sévère, compromettant leur survie quotidienne.
Par ailleurs, les conditions d’hygiène et d’assainissement sont extrêmement préoccupantes. Le manque d’accès à l’eau potable, combiné à l’insuffisance d’installations sanitaires, crée un environnement propice à la propagation de maladies. Cette situation constitue une menace sérieuse pour la santé publique, dans un contexte déjà fragilisé.
Pression accrue et solutions temporaires
Selon les autorités locales, le site de Kansega est l’un des plus fortement sollicités depuis le début de l’afflux de réfugiés. Face à la saturation du site, certains réfugiés sont contraints de se tourner vers les communautés hôtes, accentuant ainsi la pression sur les ressources locales.
Un transfert progressif des réfugiés vers les camps de Rutana et Ruyigi est prévu. Toutefois, cette relocalisation nécessite une préparation adéquate et une mobilisation accrue des acteurs humanitaires pour éviter une aggravation de la crise.
Appel urgent à l’action et à la coordination
Au regard de la gravité de la situation, plusieurs recommandations clés émergent :
- L’organisation urgente de missions d’évaluation approfondies dans les camps de destination, notamment à Ruyigi ;
- Le renforcement de la coordination entre les autorités locales, les organisations humanitaires et les partenaires internationaux ;
- La mobilisation rapide de ressources financières pour garantir une assistance humanitaire digne et adaptée ;
- La priorisation des interventions dans les secteurs critiques : alimentation, abris, eau, hygiène et santé.
Une responsabilité collective
La crise de Kansega illustre une fois de plus les conséquences humanitaires dramatiques des conflits prolongés dans la région des Grands Lacs. Elle appelle à une mobilisation collective, coordonnée et durable pour répondre aux besoins des populations affectées.
Au-delà de l’urgence, cette situation rappelle l’importance d’investir dans des solutions structurelles, respectueuses de la dignité humaine et centrées sur les communautés, afin de prévenir l’aggravation de telles crises à l’avenir.
Pour CONAFOHD et ses partenaires, il est impératif d’agir maintenant.



