Bruxelles, 21 octobre 2025 — Dans le cadre d’une mission de diplomatie humanitaire, le Président du CONAFOHD/RDC, a pris part à une réunion de haut niveau tenue au siège de l’Union européenne à Bruxelles.
Cette rencontre, co-modérée par ECHO et par l’Envoyée spéciale de l’Union européenne pour la région des Grands Lacs, a réuni plusieurs diplomates, représentants des pays membres de l’Union européenne, ainsi que des responsables de OCHA et d’autres institutions partenaires, en présentiel et en ligne.
Un plaidoyer pour un espace humanitaire libre
Dans son intervention, le Président du CONAFOHD a mis en lumière la gravité de la situation humanitaire et sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Il a souligné que, dans le contexte actuel, les acteurs locaux jouent un rôle vital pour assurer la continuité de l’aide humanitaire, alors que les acteurs internationaux font face à des restrictions sécuritaires qui limitent leur présence dans les zones instables.
Or, ce sont justement ces zones qui concentrent les besoins humanitaires les plus urgents.
Cependant, les organisations locales sont de plus en plus contraintes par des restrictions imposées par les parties au conflit, ainsi que par la fermeture des banques et des aéroports, qui paralysent leurs capacités d’action.
Le CONAFOHD a appelé l’Union européenne et ses États membres à soutenir activement un plaidoyer diplomatique visant à garantir un espace humanitaire libre, sécurisé et accessible pour les acteurs locaux.
« Sans un espace libre de mouvement pour les acteurs locaux, il deviendra impossible de délivrer l’aide humanitaire en RDC », a martelé le Président du CONAFOHD.
Des besoins humanitaires critiques dans l’Est de la RDC
Le message du CONAFOHD a mis en exergue trois types de besoins urgents :
1️⃣ Les structures de base
Les secteurs de la santé et de l’éducation sont particulièrement touchés.
La fermeture des aéroports et la suspension du financement de l’USAID ont entraîné de graves ruptures de stocks de médicaments essentiels : antituberculeux, traitements du VIH, ocytociques (prévention des hémorragies post-partum), vaccins, antipaludiques, etc.
Cette situation provoque une recrudescence des maladies autrefois maîtrisées et une hausse des décès maternels et infantiles.
2️⃣ La sécurité alimentaire
Les villes de Bukavu et de Goma sont désormais coupées de leurs zones d’approvisionnement.
La fermeture des banques et la paralysie des activités commerciales plongent les populations dans une insécurité alimentaire aiguë.
Les centres nutritionnels, privés d’intrants, ne peuvent plus assurer la prise en charge des enfants souffrant de malnutrition, entraînant une augmentation des décès.
3️⃣ La protection et la sécurité des acteurs humanitaires
Les organisations locales sont confrontées à des taxes illégales, à des restrictions de mouvement et à des risques accrus sur le terrain.
Le CONAFOHD recommande d’envisager des solutions alternatives logistiques, notamment :
- L’utilisation des aérodromes périphériques pour l’acheminement des médicaments ;
- La redistribution vers les zones rurales de santé ;
- La négociation avec le gouvernement burundais pour faciliter l’accès humanitaire via Bujumbura vers les zones de Fizi, Uvira et Maniema, mais aussi pour les réfugiés congolais au Burundi.
Vers une localisation accrue de l’aide
Le CONAFOHD a conclu son intervention en rappelant que la crise actuelle offre une opportunité majeure pour renforcer la dynamique de la localisation de l’aide humanitaire en RDC.
Il a plaidé pour un accès direct et flexible aux financements au profit des acteurs locaux, afin de promouvoir des approches innovantes, telles que la réponse menée par les communautés et l’action humanitaire anticipée




