Ebola en RDC : le CONAFOHD s’inquiète de la propagation rapide du virus et propose une approche basée sur la communauté

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Le Conseil national des Fora des ONG humanitaires, de paix et de développement (CONAFOHD) exprime ses inquiétudes face à la propagation rapide de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), qui a déjà fait plus de 1 430 morts.

Pour le CONAFOHD, la principale faille de la riposte actuelle est qu’elle s’attaque essentiellement aux conséquences de l’épidémie en concentrant les efforts sur la réponse médicale, tout en minimisant les actions visant l’adhésion et l’engagement des communautés.

Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 28 juillet 2026 à l’hôtel Golden Tulip, à Kinshasa, le coordonnateur du CONAFOHD, le Dr De-Joseph Kakisingi, a indiqué que la meilleure solution consiste à couper la chaîne de transmission du virus.

« Quand vous coupez la chaîne de transmission, vous empêchez les nouvelles contaminations et, par conséquent, les nouveaux décès. Si l’on investissait autant d’efforts dans la réponse communautaire que dans la réponse médicale, nous serions déjà dans une phase descendante de l’épidémie. Malheureusement, aujourd’hui, on attend de nouvelles contaminations et on court derrière le virus. Mais que fait-on pour couper cette chaîne ? Que fait-on pour transformer les victimes du virus en véritables acteurs de prévention ? C’est sur cette question que repose notre approche », a-t-il déclaré.

Face à ces faiblesses, le CONAFOHD propose une approche communautaire dénommée ALLCE (Action locale de lutte contre Ebola).

« Nous avons la possibilité d’anticiper et de couper cette chaîne de contamination, mais pour cela il faut être plus rapide que le virus. Notre approche vise à transformer les communautés en acteurs de la lutte et de la prévention contre Ebola, en les faisant passer du statut de bénéficiaires de la riposte à celui d’acteurs de première ligne dans la lutte contre la propagation de la maladie. Être plus rapide qu’Ebola n’est pas seulement une question de logistique ou de moyens médicaux. C’est avant tout une question de stratégie. ALLCE ne remplace ni les laboratoires, ni les équipes de surveillance, ni les centres de traitement, ni la vaccination. Elle les complète. Son objectif est simple : agir avant que le virus ne prenne de l’avance », a-t-il expliqué.

Le coordonnateur a souligné que cette approche prévoit notamment le déploiement d’une ceinture communautaire de prévention autour des zones affectées, un investissement accru dans les organisations locales déjà présentes sur le terrain, le financement rapide des initiatives communautaires capables d’agir immédiatement, ainsi que la mise en place de mécanismes permanents d’analyse des perceptions communautaires et d’un système d’alerte précoce.

Réagissant aux rumeurs faisant état d’une course aux financements, il a rappelé que les ONG nationales ne peuvent pas faire du business sur l’action humanitaire. Selon lui, leurs alertes visent avant tout à amener les autorités à prendre de meilleures décisions afin de couper la chaîne de transmission du virus.

Rédaction : TN – Déogratias CUBAKA