Komanda, Ituri : une bouffée d’espoir pour plus de 1 000 familles déplacées

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Dans une province meurtrie par les violences à répétition, dimanche 31 août 2025, une action humanitaire a redonné souffle et espoir à des milliers de déplacés. À Kibonge, dans la zone de santé de Komanda, l’organisation AFEDEM, en consortium avec AFPDE et FADEM, a distribué des vivres à 1 083 ménages vulnérables, majoritairement des femmes cheffes de ménages, des enfants, des personnes âgées et des survivants de violences.

Les bénéficiaires ont reçu du maïs, du riz, des haricots, de l’huile végétale et du sel iodé. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet ALERTE 980 START NETWORK, une réponse rapide multisectorielle qui vise à soulager plus de 30 000 personnes déplacées par les attaques sanglantes perpétrées par le groupe armé ADF-Nalu.

Plus qu’une distribution, une question de survie

La distribution de vivres n’a pas seulement apporté de la nourriture : elle a sauvé des vies. En quelques jours, la sécurité alimentaire s’est nettement améliorée dans les familles ciblées, permettant à des milliers d’enfants de retrouver le sourire autour d’un repas. Le spectre de la malnutrition aiguë, particulièrement menaçante pour les moins de cinq ans, a reculé.

En parallèle, un appui médical et nutritionnel mis en place dans les structures de santé locales ouvre désormais l’accès gratuit aux soins pour 12 500 personnes, dont 1 200 souffrant de malnutrition sévère. Médicaments, intrants essentiels et aliments thérapeutiques redonnent une chance de guérison à ceux qui avaient perdu tout espoir.

Témoignage : « Ce n’est pas seulement de la nourriture qu’on nous a donnée »

Parmi les bénéficiaires, Madame Furaha, mère de cinq enfants déplacée de Komanda, raconte :

« Avant cette aide, mes enfants s’endormaient le ventre vide, les larmes aux yeux. Nous avions tout laissé derrière nous : la maison, la terre, nos repères. Ici, nous n’avions plus que la faim et la peur comme compagnes. Quand les vivres sont arrivés, c’était comme si un poids immense se levait de mes épaules. Pour la première fois depuis longtemps, mes enfants ont mangé à leur faim, et leurs rires sont revenus. Cette aide nous a rendu la force de tenir debout, la dignité de partager un repas, et surtout, l’espoir qu’un avenir reste possible. »

L’urgence d’une réponse collective

Aujourd’hui encore, plus de 30 000 personnes déracinées survivent dans des conditions indignes à Komanda. Des mères peinent à nourrir leurs enfants, des malades meurent faute de soins, et des familles entières dorment à même le sol dans des écoles ou des églises surpeuplées.

La distribution du 31 août a prouvé qu’une réponse rapide sauve des vies, redonne de la dignité et rallume l’espoir. Mais cet effort isolé reste une goutte d’eau face à l’océan des besoins.