Les modèles de financement adaptés à la localisation contextualisée en RDC face à la réduction des financements humanitaires

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Dans le cadre du Deuxième Symposium national sur la localisation en République Démocratique du Congo, un panel de haut niveau a été consacré à une question cruciale : quels modèles de financement pour une localisation contextualisée en RDC, dans un contexte de réduction des financements humanitaires ?

Cette session stratégique a débuté par l’intervention de Monsieur François KASANDA LUMEMBU, Secrétaire Général des Personnes Vivant avec Handicap (PVH). Celui-ci a rappelé avec force la nécessité d’intégrer la loi sur la protection des PVH dans les mécanismes de la localisation. « La personne vivant avec handicap a des besoins spécifiques qui doivent être pris en compte dans toute réponse humanitaire localisée », a-t-il souligné.

Un panel dominé par les bailleurs internationaux

Ce panel a réuni plusieurs représentants des ambassades et institutions partenaires du processus de localisation en RDC. Les échanges ont mis en lumière les engagements, défis et pistes de solutions envisagées par les bailleurs face à l’évolution du contexte financier humanitaire mondial.

  • Le représentant de l’ambassade de Suède a réaffirmé l’engagement de son pays à travailler directement avec les organisations locales, comme stratégie centrale pour renforcer l’efficacité et l’ancrage des interventions.
  • La représentante de l’ambassade du Canada a insisté sur le fait que l’aide humanitaire canadienne transite prioritairement par les organisations féminines locales, mettant en avant l’importance du renforcement des capacités et du partage d’expériences Sud-Sud.
  • Le représentant d’ECHO (Direction générale pour la protection civile et les opérations d’aide humanitaire européennes) a rappelé que depuis 2023, tout partenariat financé par l’ECHO exige un engagement actif avec les acteurs locaux. Il a néanmoins précisé que les bailleurs ne peuvent pas se substituer aux acteurs opérationnels : « Il faut plutôt renforcer leurs capacités pour qu’ils puissent pleinement assumer leurs rôles ».
  • La représentante de l’ambassade de Norvège, bien que reconnaissant les limitations actuelles dans la gestion directe de programmes avec les Organisations de la Société Civile (OSC) locales, a réaffirmé le soutien de la Norvège au Fonds Humanitaire pour la RDC. Elle a également promis de porter un plaidoyer auprès d’autres bailleurs norvégiens en faveur de la localisation.
  • Enfin, le représentant de l’ambassade du Royaume de Belgique a rappelé que l’aide humanitaire repose sur le principe de solidarité internationale, et que le respect des exigences des bailleurs n’est pas une contrainte, mais une responsabilité mutuelle. Il a réitéré l’importance stratégique de la localisation pour la Belgique, en précisant que plus de 40 programmes sont aujourd’hui mis en œuvre avec les acteurs locaux via ENABEL, l’agence belge de développement.

    le représentant de l’ambassade du Royaume de Belgique , répondant à une question posée par un participant

Vers un engagement plus harmonisé et direct des bailleurs ?

Les échanges ont été riches et constructifs. Les participants ont notamment recommandé :

  • L’harmonisation des exigences administratives et techniques des bailleurs, afin de simplifier l’accès aux financements pour les organisations locales ;
  • La mise en place de mécanismes de financement directs, mieux adaptés aux réalités des acteurs de terrain ;
  • Le renforcement systématique des capacités des OSC locales, en les considérants non comme de simples partenaires d’exécution, mais comme des acteurs stratégiques du changement.

Ce panel a été un moment fort du Symposium, illustrant les efforts en cours pour repenser les financements humanitaires dans une approche durable, inclusive et contextualisée pour la RDC.