Du 9 au 13 février 2026, un atelier consacré à la présentation des résultats du Baromètre de la localisation s’est tenu à Dakar, au Sénégal. À cette rencontre stratégique a pris part le Docteur De-Joseph Kakisingi, Coordinateur National de CONAFOHD, aux côtés de partenaires institutionnels, d’organisations humanitaires et de bailleurs de fonds engagés dans la réflexion sur l’avenir de la localisation de l’aide.
Dans le cadre du panel de clôture (Wrap-up panel) avec les bailleurs, plusieurs messages clés ont été partagés autour de la portée stratégique du Baromètre de la localisation et des changements de posture nécessaires pour accélérer la transformation du système humanitaire.
Le Baromètre de la localisation a été présenté comme la matérialisation d’une ambition collective : il constitue à la fois un outil d’influence, de plaidoyer et de transformation, destiné à favoriser la concrétisation effective de la localisation dans les pratiques humanitaires. Les échanges ont rappelé que la localisation n’est pas un agenda en soi, mais une norme appelée à structurer durablement l’action humanitaire. À cet égard, il a été souligné que le secteur privé, dans certains pays, a déjà pris conscience de cet enjeu, en cohérence avec l’agenda du reset humanitaire.
Les participants ont également relevé que le principal frein à la localisation n’est plus le manque de capacité technique, mais plutôt les mentalités, les préjugés et certaines politiques institutionnelles. Dès lors, il apparaît nécessaire de déconstruire ces préjugés afin de changer de paradigme, en reconnaissant pleinement la valeur ajoutée des acteurs locaux.
Il a été rappelé que la localisation étend l’accès humanitaire et permet d’atteindre plus efficacement les personnes vivant dans les milieux les plus reculés et les plus difficiles d’accès. Cette approche favorise une réponse plus pertinente, plus contextuelle et plus durable aux besoins des communautés affectées.
Les discussions ont mis en évidence la nécessité de changer de posture à plusieurs niveaux :
- Reconnaître et apprécier le rôle central et stratégique des plateformes des ONG nationales ;
- Changer de rôle et partager le pouvoir afin de promouvoir le leadership humanitaire local ;
- Institutionnaliser le co-leadership avec les acteurs locaux dans l’ensemble des mécanismes de coordination humanitaire.
Enfin, l’accent a été mis sur l’importance d’améliorer la qualité et l’accès aux financements pour les acteurs locaux, en s’orientant vers des financements plus équitables et un partage des risques, notamment à travers la mise en place de fonds de garantie en faveur des organisations locales.
Cet atelier a ainsi constitué un espace de dialogue stratégique entre acteurs locaux et bailleurs, renforçant l’engagement commun en faveur d’une localisation effective, équitable et transformatrice, au service des populations les plus vulnérables.



