Kinshasa, 05 Août. Dans un contexte de résurgence préoccupante d’Ebola en République démocratique du Congo, le Conseil National des Fora des ONG Humanitaires, Paix et de Développement (CONAFOHD) a porté un plaidoyer fort pour une réorientation stratégique de la riposte, lors d’une conférence de haut niveau réunissant le Directeur général d’Africa CDC, Dr Jean Kaseya, et le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Une alerte issue du terrain
Prenant la parole au nom des organisations nationales, le Coordonnateur National du CONAFOHD, Dr De-Joseph Kakisingi, a insisté sur une réalité de terrain souvent sous-estimée : sans les communautés, aucune riposte ne peut réussir durablement.
Cette rencontre faisait suite à une mission d’évaluation menée à Bunia par Africa CDC, qui a mis en lumière des défis critiques : persistance de cas au niveau communautaire, insuffisance de l’engagement local, écarts opérationnels et contraintes de financement. Autant de signaux d’alerte qui confirment que la riposte actuelle reste encore trop centrée sur une approche biomédicale.

Des preuves locales qui appellent à agir
S’appuyant sur cinq analyses produites par les organisations membres actives sur le terrain, le CONAFOHD a démontré que le risque d’accélération de la transmission demeure élevé tant que les communautés ne sont pas pleinement intégrées comme acteurs centraux de la réponse.
Un changement de paradigme : la méthode PFIM
Face à ce constat, le CONAFOHD a mis en avant son approche innovante, la People First Impact Method (PFIM), qui propose un changement de paradigme : passer d’une réponse “pour les communautés” à une réponse “avec et par les communautés”. Cette approche vise à renforcer l’adhésion, la confiance et la responsabilisation des populations dans la prévention, la détection précoce et la rupture de la chaîne de transmission.
« Soigner ne suffit pas. Pour stopper Ebola, il faut couper la transmission à la source, et cela commence dans les communautés », a souligné le Dr Kakisingi.

Une convergence avec les acteurs internationaux
Les conclusions du Directeur général de l’OMS ont largement convergé avec cette position, reconnaissant que l’engagement communautaire constitue aujourd’hui le levier le plus déterminant pour inverser la tendance épidémique. Le maintien de cas détectés au sein des communautés démontre l’urgence de renforcer les actions de sensibilisation, de surveillance communautaire et d’appropriation locale de la riposte.
Transformer l’engagement en actions concrètes
Pour le CONAFOHD, cette convergence entre acteurs internationaux et nationaux doit désormais se traduire en actions concrètes : réallocation des financements, renforcement du leadership local et intégration systématique des organisations communautaires dans les stratégies de riposte.
Plus qu’un ajustement technique, le réseau appelle à un véritable tournant stratégique : placer les communautés au cœur du système de réponse pour sauver des vies et mettre fin durablement à l’épidémie.
Un engagement réaffirmé
Le CONAFOHD réaffirme ainsi son engagement à travailler aux côtés des autorités sanitaires et des partenaires pour bâtir une riposte plus inclusive, plus efficace et ancrée dans les réalités locales.



