Goma, le 17 juin 2026, Face aux crises complexes qui secouent l’Est de la République Démocratique du Congo, les acteurs humanitaires locaux et nationaux refusent d’être de simples exécutants. Ils entendent porter haut et fort la voix de la RDC lors de la prochaine Réunion Annuelle du Grand Bargain, prévue les 19 et 20 octobre 2026 à Genève.
Sous l’impulsion du Secrétariat du Grand Bargain et de Charter for Change (C4C), le Groupe de Référence National (GNR-RDC) a lancé un vaste processus de consultations multipartites. Première étape cruciale de cette dynamique : la tenue d’un atelier interprovincial de deux jours à Goma, du 16 au 17 juin 2026, soutenu par Oxfam.

Un dialogue inclusif malgré un contexte de crises majeures
Ces assises de Goma ont réuni 17 acteurs clés venus du Nord et du Sud-Kivu. Universités, organisations de défense des droits des femmes, structures de personnes vivant avec handicap, confessions religieuses et ONG internationales ont confronté leurs visions.
Cette mobilisation s’est opérée dans un contexte sécuritaire et sanitaire particulièrement éprouvant, marqué par les déplacements massifs de populations liés aux conflits armés et les risques liés à une résurgence de la Maladie à Virus Ebola.
« Nous avons voulu élargir le cercle au-delà de la coordination du GNR pour intégrer plusieurs sons de cloche. C’est de ce choc des idées que jaillira une lumière objective sur la réalité du terrain en RDC » , a souligné Florent Babi, Lead du Groupe de Référence National de la RDC.
Bilan de 10 ans d’engagements : Du « Grand Bargain » aux réalités du terrain
Dix ans après le Sommet mondial d’Istanbul en 2016 – qui avait vu naître le Grand Bargain et ses 51 engagements initiaux, l’heure est à l’évaluation de la phase Grand Bargain 3.0 (2023-2026).

Les participants ont passé au crible les avancées et les blocages structurels autour des piliers majeurs de la localisation:
- Le financement de qualité : Un accès direct, flexible et pluriannuel aux fonds pour les structures locales, loin des 3% historiques constatés au niveau mondial.
- Le partenariat équitable : La fin d’une logique de simple sous-traitance au profit d’un co-leadership.
- La participation et la redevabilité : L’intégration systématique des communautés affectées au centre de la réponse humanitaire.
Le Pasteur Kambale Kivunda Cyprien, consultant humanitaire et participant aux assises, résume l’ambition partagée :
« Les ONG nationales doivent être considérées comme des partenaires à part entière, pas comme des sous-traitants. Si l’équité est respectée, l’impact sur les populations sera immédiat. La communauté est capable de résilience, mais il faut que les bailleurs respectent leurs engagements. »

Prochaine étape : Cap sur Kinshasa pour la validation finale
L’approche méthodologique du GNR RDC se veut pragmatique et rigoureuse. Les résultats et les six recommandations pointues issus du forum interprovincial de Goma vont être acheminés à Kinshasa pour la seconde phase du processus. Un atelier national d’une journée y réunira les membres du GNR basés dans la capitale afin de consolider, valider et finaliser le Position Paper officiel de la RDC.

À l’issue de cette feuille de route, la délégation congolaise disposera d’un plaidoyer fort, bilingue (français/anglais), à porter sur la scène internationale. L’objectif est clair : faire entendre les priorités de la RDC au-delà de 2026 pour que l’aide humanitaire devienne enfin plus efficiente, digne et durable.



