Vers une réduction durable des besoins humanitaires en RDC: l’engagement des acteurs locaux et internationaux au cœur des débats

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En janvier 2025, l’Ambassade de Suède à Kinshasa a récemment organisé une activité de haut niveau autour du thème : « La réduction des besoins humanitaires en République Démocratique du Congo ». Cette rencontre a réuni divers partenaires institutionnels, humanitaires et universitaires pour réfléchir aux pistes concrètes de transition vers une réponse humanitaire plus durable et ancrée localement.

Plaidoyer pour un financement accru aux ONG nationales

De son côté, le Dr Kakisingi De Joseph, coordinateur du CONAFOHD RDC, a salué les avancées réalisées en matière de localisation. Toutefois, il a plaidé pour un renforcement du dialogue et de la sensibilisation des bailleurs internationaux en faveur d’un accroissement des ressources dirigées directement vers les ONG congolaises. Il a également annoncé la mise en place prochaine d’un baromètre destiné à évaluer les progrès en matière de localisation.

La localisation au cœur de la vision de l’USAID

Monsieur John Dunlop, Chef de mission de USAID/RDC, a présenté le point de vue du gouvernement américain sur la localisation. Selon lui, cette approche consiste à diriger les financements directement vers les organisations congolaises, leur permettant ainsi de renforcer leur autonomie, leur capacité de gestion, et d’intervenir plus efficacement, y compris dans les zones les plus difficiles d’accès.

Il a rappelé que cette confiance accrue aux structures nationales doit s’accompagner de mécanismes souples et efficaces, tels que ceux mis en place par le Bureau of Humanitarian Assistance (BHA) de l’USAID, pour garantir la bonne exécution des projets tout en facilitant une montée en compétence progressive des partenaires locaux.

Dans un moment particulièrement marquant, il a également insisté sur les limites du système traditionnel :

« Il est facile d’ébranler les acquis d’une organisation locale pourtant suffisamment renforcée, simplement en exigeant la restitution de ressources déjà investies, en sachant pertinemment qu’elle n’en sera pas capable. »

 

Le triple nexus comme nouvelle boussole de l’action humanitaire

L’approche du triple nexus (urgence, paix et développement), promue par la coopération suédoise en RDC, a également retenu l’attention. Elle propose une relecture du modèle d’intervention humanitaire, qui ne peut plus se limiter à l’urgence seule. Il s’agit désormais d’intégrer des actions de relèvement et de développement, dans un pays où la crise humanitaire tend à s’enliser, au grand désarroi de certains bailleurs et humanitaires eux-mêmes.

Parmi les moments forts de l’événement, le deuxième panel, consacré à « L’importance de la localisation dans la réduction des besoins humanitaires en RDC », a permis à Munyehya Mulwahale d’apporter une contribution marquante. Il a souligné que la localisation – c’est-à-dire l’implication effective des acteurs locaux dès la conception jusqu’à la mise en œuvre des actions humanitaires – représente un levier puissant pour une assistance efficace, durable et adaptée aux réalités du terrain. Munyehya Mulwahale a également rappelé que la jeunesse congolaise, consciente des enjeux actuels, est prête à s’engager pleinement pour redéfinir une action nationale portée par des valeurs de dévouement, de résilience et de cohésion. Il a affirmé avec espoir que :

« Ces initiatives bien structurées permettront, à terme, à l’humanitaire de céder la place à la paix, à la résilience et au développement. »

Une mobilisation multisectorielle remarquée

Cette rencontre s’est tenue en présence de plusieurs personnalités et institutions de premier plan, notamment leurs Excellences des Ambassades d’Allemagne, de Suède, de Suisse, ainsi que des représentants de USAID, OCHA, UNFPA, PNUD, UNICEF, du Ministère du Plan, des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, du forum des ONG nationales et internationales, et de l’Université de Maryland.